dans mon sac de sport – le canyoning

« Voilà. D’ici à la surface de l’eau, je compte 12 mètres. Tu mesures dans les 1m70, ça fait donc une hauteur de 13 mètres jusque tes yeux. Par conséquent, tu vas légèrement dévier pendant ta chute. Attend, je fais tomber un caillou pour te montrer. ». A ce moment, j’avoue avoir regardé le guide canyoning avec des yeux ronds qui devaient dire « heu je ne l’ai même pas vu toucher l’eau ». Résultat, il en a fait tomber un autre. Un plus gros. A la limite, s’il avait balancé un cookie, j’aurai moins réfléchis, j’aurai directement sauté sous l’impulsion de mon ventre tout puissant. Bref, y avait pas de cookies donc j’ai réfléchis en regardant en bas. Puis en face. Puis en bas. J’ai relevé les yeux et j’ai fait un pas.

Ce matin là, on avait pris la voiture en chantant comme si on partait en colonie. En vrai, je ne suis jamais partie en colonie, c’est pour ça que j’en ai d’aussi bon souvenirs. La cantine, la route, les amies qui restent et Laura pourquoi elle y va pas? En vrai, ça a l’air super mais je suis plutôt compliquée alors voilà, on ne se refait pas. Bref, on chantait. Enfin, je chantais pendant que les autres mettaient au point le programme de la journée. J’avais déjà voté pour le canyoning d’une car les vasques d’eau turquoises m’avaient subjuguées sur les photos. Et deux, car j’ai une profonde admiration pour tous les mots admettant un N et un Y à la suite. Comme Nycticèbe. Mais si, tu connais, ce sont des singes petits comme des pygmées et qui mangent des feuilles de palmier.

Bref.

En arrivant aux Gorges du loup, on a mis les combinaisons, les baudriers, les couches en plastique pour bien glisser comme il a dit puis on est parti le faire ce canyoning. En Bretagne, c’est parfait. Les combinaisons te protègent d’une eau à 15 degrés et d’un vent plutôt piquant lorsque tu attends en grelottant sur ta planche de surf. Ici, en plein mois d’août, sous le soleil et en marchant au bord de la route, les conditions sont légèrement différentes. A peine comme une cuisson à l’étuvée.

dans le sac de claire - dans mon sac de sport - canyoning dans les gorges du loup en provence près de Nice - vue d'une vasque d'eau turquoise à milieu de parcours - équipe canyoning dans le fond

Première cascade, première descente en rappel, première douche, première glissade, premier bain. Premier bain de bouche aussi mais c’est de l’eau de montagne ça va. Premier saut. Allez y profitez, rien qu’un mètre à sauter mais ne laissez rien dépasser, ça vous aidera pour les prochains. L’eau se faufile insidieusement dans ma combi, comme ça, mine de rien. Elle ne doit pas dépasser les 5 degrés. D’ailleurs, j’aurai juré voir de petits glaçons flotter. On nage et on recommence. On glisse, on saute et plus on avance moins je réfléchis. Je crois que le froid ralentit mon esprit au même rythme qu’il me fait claquer des dents. D’où la photo floue qui suit, c’est évident.

Le canyon est superbe. Froid mais tellement beau que j’arrive à oublier que je ne sens plus mes doigts de pied. C’est un long couloir pas plus large que ça dont les parois montent à plusieurs dizaine de mètres parfois. Un sorte de labyrinthe de pierre. Un labyrinthe plutôt facile d’ailleurs car la sortie est tout droit. D’obstacles en rochers, on avance au rythme de l’eau et on se laisse doucement guider par les ombres que dessine le soleil tout là haut.

dans le sac de claire - dans mon sac de sport - canyoning aux gorges du loup près de Nice en provence alpes côte d'azur - vue depuis le plus haut saut du parcours - contrebas sur une vasque d'eau turquoise

En tout et pour tout, j’ai compté, sur ce canyoning, cinq opportunités pour sauter. Autant de chances pour perfectionner ma technique. Je saute puis je crie. Ou je crie d’abord puis je saute. Ou alors je ne crie pas du tout et ça fait des vacances pour tout le monde. Tout pareil que Mario, la difficulté augmente avec les niveaux. Ici, c’est par palier de 3 mètres. Alors au bout de 5 sauts, eh bien, je te laisse compter mais c’est déjà bien trop haut. Dans ces conditions fantasques, j’ai fait confiance au monsieur avec le casque. Il m’a dit « Croise les bras, relève la tête et regarde bien droit. Ah et fait simplement un pas, si tu sautes, tu risques de toucher la paroi face à toi. » Alors j’ai fait un pas.

2 Commentaires

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  1. Moi aussi! Moi aussi! On y va?

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